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Les fouilles du fournil de la boulangerie

Les premières fouilles effectuées dans la casemate abritant le fournil de la boulangerie du fort ont été entrepris en septembre 2006, dans le contexte d’une mise en valeur de la partie nord de l’ouvrage.

Ces travaux ont été précédés par le dégagement du couloir menant à la porte d’accès à la casemate n°44 abritant les fours. Cette salle est contiguë à la casemate 45, qui servait à l’origine de paneterie. 

 

Plan-manutentionTN

 

L’entrée était encombrée par les terres formant un cône, entre la casemate 45 et 44, sur la cloison qui sépare le fournil de la paneterie, provoqué soit par un coup au but des Allemands en 1914, soit par une destruction volontaire opérée par les mêmes Allemands en 1918, soit par les Français plus tard, dans le cadre de leurs essais d’explosifs.

 

Vue-generale-redTN

 

Les guerres et les vandales se sont

acharnés sur le fournil, le rendant

dans un état pitoyable.

 

Lors du déblaiement, aussitôt l’entrée à gauche, a été mis au jour un verre de lampe,enfoui dans la terre, miraculeusement intact.

Dans le même temps, a été entrepris le dégagement des parties antérieures des soles des deux fours. Dans le four de droite ont été découvertes deux assiettes, l’une brisée, l’autre intacte. L’une porte l’inscription « Hôtel du Nord » et l’autre le monogramme « HN » de ce même établissement dont l’origine remonte bien avant la Première Guerre.

 

Verre-de-lampeTN AssietteTN faienceTN

 

De gauche à droite : un verre de lampe intact, une assiette marquée « Hôtel du Nord – Charleville » et une des deux plaques du constructeur.

PanoramaTN

A gauche, on remarque une ouverture basse dans la façade. Il s’agit du foyer dufour qui fonctionnait à la houille. Au centre, le foyer où était chauffée l’eau entrant dansla fabrication du pain.

 

Le dégagement d’une ouverture aménagée à l’extrême gauche de la façade a révélé qu’ils’agissait du foyer du four de gauche. Des cendres y ont été découvertes, ainsi qu’une plaqueen fonte au fond du cendrier. On y a retrouvé également un élément de la grille constitué d’unbarreau métallique d’une forme particulière (triangle très aplati) comportant un renflement à chaque extrémité.

Un conduit en brique partant du foyer en direction de l’entrée du four a confirmé qu’il s’agissait d’un four de type « Lespinasse », fonctionnant à la houille.

La partie centrale a été dégagée. Il s’agit d’un foyer sur lequel était disposé un grand réservoir métallique (par miracle il était encore là !) contenant l’eau à chauffer pour la fabrication du pain.

Le deuxième four ne présente pas les mêmes caractéristiques que le premier. L’absence de foyer latéral prouve qu’il s’agit d’un four de type « Lespinasse » au bois.

Le dégagement des dessus des fours encombrés de sable et débris de briques a permis la mise au jour d’une culasse de fusil Berthier et d’une culasse de Mauser.

L’absence de trace de conduits de fumée (en fonte ou en brique) menant aux ouras, dispositif permettant de contrôler le tirage et permettre la sortie des gaz vers l’extérieur a permis d’émettre l’hypothèse d’une récupération du métal des tuyaux (par les allemands ou les français ultérieurement).

 

Les briques parlent !

 

Les gravas qui encombraient les devants des fours étaient composés de briques des parties supérieures de la façade effondrée, de briques réfractaires des parties avant des fours détruites, de sable (formant isolant) provenant des dessus des fours et enfin de terre plus ou moins glaiseuse venue des dessus du fort par le trou supposé percé par un obus dans la casemate en 1914.

Les meilleures briques ont été stockées en vue d’une réutilisation ultérieure.

Parmi elles, nous avons remarqué des briques provenant de la briqueterie « Hachon » de Mézières. Cette usine ayant commencé à fonctionner vers 1897, il est apparu incontestable que le fournil a subi des transformations après sa construction en 1878.

Des recherches aux Archives départementales ont confirmé cette thèse et permis de dater les travaux de restauration à 1912.

Les fouilles ont été interrompues à la suite des pluies ayant provoquée d’importantes coulées de terre. En janvier 2009, elles n’avaient pas repris.

 

Réfractaire : Lamoureux à Paris
Réfractaire : Pierre Desouches à Langeais
Réfractaire : L et Cie
Réfractaire : marque inconnue sur un petit côté
Réfractaire : pas de marque pour l’intérieur des fours
Construction : Dewelle à Mohon
Construction : Hachon à Mézières
Construction : brique alvéolée
Construction : W-M : Wautelet -Mohon