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Le magasin à poudre souterrain

La seule modernisation dont le fort des Ayvelles a bénéficié après ce qu’on a appelé la crise de l’obus-torpille, a consisté en la construction d’un magasin à poudre souterrain à environ 16 mètres de profondeur, à l’aplomb de l’entrée principale et du ravelin.

 

Commencés à la fin de 1888 et achevés en 1890, les travaux ont consisté en la construction de locaux souterrains communiquant avec l’extérieur par deux puits verticaux utilisés, pendant les travaux, pour l’évacuation des déblais et la descente des matériaux de construction. Après l’achèvement du magasin, ils furent équipés de monte-charges au moyen desquels pouvaient s’effectuer tous les mouvements de matériels (poudre, projectiles, etc.).

L’un des puits (n°1) fut mis à l’épreuve des obus-torpilles et son entrée protégée au moyen d’une carapace en béton de ciment. Celle-ci fut construite en septembre et octobre 1889. Il s’agit d’une voûte de 2m00 d’épaisseur à la clef reposant sur des piédroits de 2m50 d’épaisseur et recouvrant l’orifice du puits, le palier de manœuvre du monte-charges et une galerie d’accès de 1m50 de largeur.

 

Voici ce que comportait la poudrière extérieure à l’époque de son aménagement :

1-Magasin à poudre et son vestibule.

2-Un atelier de chargement et un abri pour les fusées.

3-Un dépôt de munitions confectionnées.

4-Une niche pour les amorces

5-Deux autres niches pour les piles de l’éclairage électrique.

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Tous les locaux débouchent sur une galerie qui communique elle-même avec l’extérieur par  deux puits dont l’un est recouvert, ainsi que nous venons de le voir, par une carapace en béton et d’une descente de 14 m de long qui aboutit dans la galerie de contre-escarpe en avant de la caponnière sud (1).

 

La poudrière aujourd’hui 

 

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Aujourd’hui, les locaux sont inaccessibles. Les deux puits sont obstrués et le bas de la descente d’escalier hommes est bouché par les effondrements de la voûte et des piédroits de la galerie d’accès au magasin. La carapace de béton est en revanche, a gardé tout son aspect d’origine. On ignore actuellement dans quelles conditions les destructions ont été opérées. De nombreux indices montrent toutefois que les Allemands, qui ont occupé le fort entre 1914 et 1918, sont à l’origine de certaines démolitions.

 

 

(1)Informations tirées d’un document établi par le génie à l’époque et conservé aux Archives départementales des Ardennes sous la cote 14R107