Le fort en 1939

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Le Fort dans la Seconde Guerre Mondiale, ce sont deux événements dramatiques : d'une part, la débâcle des troupes françaises de mai 1940 et, d'autre part, l'implacable répression des troupes allemandes contre les mouvements de résistance.

Le Fort n'a joué aucun rôle dans la débâcle de mai 1940, se contentant d'abriter le poste de commandement du Ile bataillon du 148e Régiment d'Infanterie de Forteresse.  

 

 - Le 148e RIF faisait partie de la 102e DIF, qui occupait un secteur qui allait d'Anchamps exclu à huit cents mètres à l'ouest de la Bar.  

 - La 102e DIF, unité de forteresse à faibles moyens et à vocation purement statique, comprenait plusieurs unités :

 - La 42e demi-brigade de mitrailleurs d'infanterie coloniale qui défend le sous secteur de Monthermé

 - La 52e demi-brigade de mitrailleurs d'infanterie coloniale qui tient le sous secteur d'Etion (tête de pont de Mézières, Montcy-Notre-Dame et Nouzonville)

 - Le 160e régiment d'artillerie de forteresse

 - Le 148e régiment d'infanterie de forteresse. Il occupait la position la plus au sud du dispositif de la 102e DIF. Il comprend trois bataillons en ligne. Il tient le sous secteur de Boulzicourt, au sud de Mézières, de Mohon (inclus) à Pont?à?Bar (exclu). La position de Pont-à-Bar était tenue par la 55e DI qui faisait partie de la 2e armée.

Le Fort des Ayvelles abritait le PC du 1er bataillon du 148e RIF qui était sous les ordres du commandant Marié et qui tenait le secteur de Villers-Semeuse.

Après le retour général des DLC, dès le 12 mai, derrière la Meuse, les Divisions d'Infanterie de la 9e armée sont en première ligne.

Les Allemands vont exploiter la faiblesse du front de la Meuse. Pourtant, ce n'est que le 14 mai au matin que les premiers blindés ennemis attaquent les positions du 148e RIF. Vers neuf heures du matin, les positions du IIIe bataillon sont attaquées par les blindés allemands qui proviennent de la sortie ouest de Pont?à?Bar ; l'attaque est repoussée. Mais une nouvelle attaque allemande dans l'après-midi du 14 mai, conduite par la vallée de la Bar et de la Sapogne, prend à revers la défense du plateau de Dom-le-Mesnil. Les Allemands nettoient ainsi le quartier de Boutancourt occupé par le Ille bataillon et étendent leur action jusqu'à la ligne principale de résistance au nord de la route Sedan?Mézières et du village de Dom-le-Mesnil. Cette attaque allemande amène la destruction du Ille bataillon.

Vers dix-sept heures, le quartier de Flize, tenu par le 1er bataillon du 148e RIF, est attaqué à son tour. Opérant par débordement, les chars allemands, après avoir contourné Flize par le sud, assaillent la défense du bois de Flize, la neutralisent et poussent jusqu'aux lisières de Chalandry-Elaire.

En fin de journée, seul le 2e bataillon du 148e RIF, qui n'a pas été attaqué, occupe toute sa position Mohon, Villers-Semeuse, le Fort des Ayvelles, quoiqu'il semble que le Fort ait été bombardé durant la journée du 14 mai. Le colonel Manceron qui commandait le 148e RIF installe son PC au Fort des Ayvelles durant la journée du 14 mai. Les éléments du 1e bataillon du 148e RIF sont repliés et se rabattent sur Chalandry et les Ayvelles, faisant face au sud et au sud-est.

 Le régiment n'a plus personne à sa droite. L'ennemi tient le bois de Flize et la route de Flize à Boulzicourt.

Les événements malheureux que vient de subir le 148e RIF ne se limitent pas à son front. Ils ne sont même que la conséquence de la manœuvre de grande envergure menée par les Allemands à la jonction des 2e et 9e armées et dont le but final vise à faire sauter à droite et à gauche de Sedan la défense de la Meuse, à élargir la percée en largeur et en profondeur pour l'exploiter au plus vite vers l'ouest.

Durant la nuit du 15 mai, le colonel Manceron décide l'abandon du Fort des Ayvelles où les Allemands commencent à s'infiltrer. En fin de matinée, parvient l'ordre d'abandonner la position de la Meuse pour se porter sur les hauteurs de Warnécourt et de Fagnon, ce mouvement ne devant constituer qu'une première phase du rétablissement de la division sur la deuxième position de Signy l'Abbaye. Vers 15 heures, tandis que s'installent les éléments du 148e RIF, les Allemands, ayant réussi à atteindre la route de Mézières-Launois vers Rethel, par l'itinéraire Flize-Boulzicourt-St Pierre sur Vence- Champigneul sur Vence-Mondigny, débouchent sur les hauteurs de Mondigny et attaquent en direction de la Hobette-Warnécourt prenant la défense à revers. Les éléments du 148e RIF qui tiennent Mondigny sont encerclés. A la tombée de la nuit, quelques groupes se replient et parviennent à Signy l'Abbaye. Seuls cinq cents hommes environ du 148e RIF se retrouveront à Asfeld le 16 dans l'après-midi.

Le Fort des Ayvelles a donc été le témoin d'une bataille qu'il ne fallait à aucun prix perdre car cette bataille annonçait une défaite totale.

Après l'armistice signé à Rethondes le 22 juin 1940, toute la partie Nord de la France est occupée et passe sous le contrôle de la Wehrmacht. Ainsi, les Ardennes sont soumises à une administration directe de type militaire. Mais, très tôt, les premières réactions contre l'occupant ne se font pas attendre (mai-juillet 1940), ce sont pour la plupart des actes de résistance individuelle. L'aide aux prisonniers de guerre durant l'été 1940 fut le premier élément d'activité contre l'occupant. L'année 1941 verra se constituer les premiers groupes de résistance ; le printemps 1943 marquera réellement une étape avec une plus grande structuration de la Résistance, ceci aura bien entendu pour conséquence une action plus ample et plus fréquente de cette dernière. Le débarquement allié du 6 juin 1944 sera suivi d'une multiplication des actes de résistance. Mais, le prix payé pour ces actions contre l'occupant fut très cher ; le Fort des Ayvelles devant s'illustrer d'une façon cruelle puisque treize résistants y furent fusillés par l'armée allemande ...